De Séoul à Paris : le président Lee Jae-myung en visite officielle en France

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Conférence internationale

De Séoul à Paris : le président Lee Jae-myung en visite officielle en France

En avril dernier, Emmanuel Macron se rendait en République de Corée pour une visite d’État de deux jours. Cinq mois plus tard, c’est au tour du président sud-coréen Lee Jae-myung de traverser la planète pour une visite d’État en France. Du 6 au 9 septembre 2026, le chef de l’État sud-coréen est accueilli sur le territoire français, dans un contexte particulièrement symbolique : 2026 marque le 140e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Corée.

Cette visite s’inscrit dans la continuité directe du déplacement d’Emmanuel Macron à Séoul, les 2 et 3 avril derniers. À cette occasion, les deux présidents avaient décidé d’élever les relations entre les deux pays au niveau de « partenariat stratégique global », avec l’ambition de renforcer leur coopération dans de nombreux domaines : défense et sécurité, sciences et technologies, économie, culture, éducation et échanges entre les populations.

La venue de Lee Jae-myung en France constitue donc bien plus qu’une visite commémorative. Elle doit permettre de donner une dimension concrète à ce nouveau partenariat, tout en mettant à l’honneur l’un des domaines dans lesquels la France et la Corée du Sud entretiennent aujourd’hui des liens particulièrement dynamiques : les industries culturelles et créatives.

Une année symbolique pour les relations franco-coréennes

Les relations diplomatiques officielles entre la France et la Corée remontent à 1886, avec la signature du traité d’amitié, de commerce et de navigation. Cent quarante ans plus tard, les deux pays souhaitent profiter de cet anniversaire pour ouvrir une nouvelle étape de leur relation.

L’année 2026 est ainsi ponctuée de plusieurs rendez-vous destinés à renforcer les échanges entre les deux pays. La visite d’Emmanuel Macron en Corée en avril avait déjà marqué un temps fort de cette année anniversaire. Le président français avait notamment insisté sur l’importance de la coopération dans les domaines du cinéma, de la K-pop, des sciences et technologies, mais aussi sur les échanges humains et universitaires.

Quelques mois plus tard, la visite de Lee Jae-myung en France vient prolonger cette dynamique. Le choix du moment est également stratégique. Dans un contexte international marqué par de profondes transformations géopolitiques et économiques, Paris et Séoul cherchent à consolider leurs relations avec des partenaires partageant certaines valeurs et souhaitant renforcer leur autonomie dans des secteurs stratégiques.

Saint-Paul-de-Vence : la culture au cœur de la première étape pour le Sommet Lumière

La première grande étape de la visite présidentielle se déroule dans le sud de la France. Le 7 septembre, Emmanuel Macron et Lee Jae-myung coprésident à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes, le Sommet Lumière, consacré à l’avenir du cinéma et de l’image animée.

Organisé à la Fondation Maeght, ce sommet réunit des personnalités politiques, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, des réalisateurs, acteurs, producteurs et représentants des industries culturelles venus de nombreux pays. L’objectif est de réfléchir aux grandes transformations auxquelles sont confrontés le cinéma et l’image animée.

Parmi les principaux sujets abordés figurent notamment l’impact de l’intelligence artificielle sur la création, l’évolution des modèles économiques du secteur, l’éducation à l’image et les nouvelles habitudes de consommation des contenus.

Le choix d’une coprésidence franco-coréenne est particulièrement révélateur. La France, berceau historique du cinéma, et la Corée du Sud, devenue en quelques décennies l’une des grandes puissances mondiales de la création audiovisuelle, incarnent deux modèles culturels différents mais de plus en plus complémentaires.

La rencontre intervient également dans un contexte où le cinéma et les contenus coréens connaissent un succès international considérable. Films, séries, musique et autres productions issues de la K-culture ont largement dépassé les frontières de la péninsule.

Le Sommet Lumière doit ainsi permettre à la France et à la Corée de défendre une vision commune de l’avenir des industries culturelles, face notamment à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des grandes plateformes numériques.

Un premier résultat concret a d’ailleurs été annoncé à Saint-Paul-de-Vence : la France et la Corée ont lancé une initiative commune prévoyant 500 millions d’euros d’investissement chacun entre 2027 et 2031, soit un milliard d’euros au total, afin de soutenir les industries du cinéma et de l’audiovisuel et de favoriser notamment le développement et la diffusion des contenus.

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Direction Paris pour la partie diplomatique de la visite

Après cette première étape consacrée à la culture, le président Lee Jae-myung doit poursuivre sa visite à Paris. C’est dans la capitale que se concentre la dimension politique et économique de son déplacement.

Le 8 septembre, les deux chefs d’État se retrouvent pour un sommet bilatéral, accompagné d’un déjeuner de travail et de plusieurs rencontres officielles. Une table ronde réunissant des dirigeants d’entreprises françaises et sud-coréennes doit également permettre de renforcer les coopérations économiques entre les deux pays.

Cette journée parisienne est particulièrement importante pour donner un contenu concret au « partenariat stratégique global » annoncé en avril.

Défense et sécurité

Le 8 septembre, avant sa rencontre avec Emmanuel Macron, Lee Jae-myung s’est recueilli sur la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe et y a déposé une gerbe. Cet hommage aux soldats morts pour la France revêt une résonance particulière dans les relations franco-coréennes : la France a participé à la guerre de Corée aux côtés des forces des Nations unies. Le président sud-coréen a ensuite rencontré des anciens combattants français et leurs familles, les remerciant pour leur engagement et leur sacrifice.

La défense et la sécurité occupent une place importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre la France et la Corée du Sud. À l’occasion de leur rencontre à l’Élysée, Emmanuel Macron et Lee Jae-myung ont confirmé leur volonté d’approfondir leur coopération face aux évolutions de l’ordre international et aux tensions qui touchent leurs régions respectives.

Les deux pays partagent notamment une même volonté de défendre un ordre international fondé sur le droit international et le multilatéralisme. La situation dans la péninsule coréenne, la guerre menée par la Russie en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient figurent parmi les principaux sujets abordés par les deux présidents. Paris et Séoul affichent également une position commune sur l’importance de préserver la liberté de navigation, notamment dans le détroit d’Ormuz.

Sur le plan militaire, la coopération franchit également une nouvelle étape. La France et la Corée du Sud ont signé un accord révisé sur la protection des informations classifiées dans le domaine de la défense, destiné à faciliter et sécuriser davantage leurs échanges d’informations. Les deux pays souhaitent également renforcer l’interopérabilité de leurs forces armées, multiplier les exercices stratégiques et développer leur coopération industrielle dans le secteur de la défense.

Les deux pays prévoient par ailleurs d’avancer vers la conclusion d’un accord sur le soutien logistique militaire mutuel, afin de faciliter la coopération entre leurs forces armées. La France et la Corée souhaitent enfin développer des projets communs dans l’industrie de défense, en associant notamment l’expertise technologique française aux capacités industrielles et de production sud-coréennes.

Intelligence artificielle et technologies de pointe

La coopération technologique constitue un autre axe majeur de cette rencontre. Après avoir identifié l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et les semi-conducteurs comme des secteurs prioritaires lors de la visite d’Emmanuel Macron en Corée en avril, Paris et Séoul passent désormais à une nouvelle étape en cherchant à transformer ces orientations en collaborations concrètes.

Un protocole d’entente consacré à l’intelligence artificielle et aux technologies quantiques a ainsi été signé lors de la visite. Les deux pays souhaitent notamment développer des projets communs de recherche et développement dans l’IA, les semi-conducteurs et les technologies quantiques, tout en renforçant les liens entre leurs entreprises, leurs universités et leurs centres de recherche.

La coopération s’étend également au nucléaire civil. Paris et Séoul ont décidé de rehausser le niveau de leur dialogue dans ce domaine et souhaitent notamment travailler ensemble sur les réacteurs nucléaires de nouvelle génération, la diversification des chaînes d’approvisionnement et le cycle du combustible.

Echange économique

Des relations économiques qui franchissent un nouveau cap

La dimension économique occupe une place centrale dans la visite d’État. Une table ronde réunissant des entreprises françaises et sud-coréennes a notamment porté sur quatre grands axes : l’intelligence artificielle et le quantique, la transition énergétique, la santé ainsi que la décarbonation des mobilités et de l’industrie.

Les deux pays affichent également un objectif concret : porter le volume annuel des échanges commerciaux bilatéraux à 20 milliards de dollars d’ici 2030. Pour y parvenir, Paris et Séoul souhaitent renforcer leur coopération industrielle et créer un environnement plus favorable aux investissements et aux activités des entreprises des deux pays.

Cette dynamique concerne notamment les secteurs stratégiques liés à l’autonomie économique et technologique. La France et la Corée du Sud souhaitent ainsi approfondir leur coopération dans les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, le quantique, les minerais critiques et les terres rares.

Le nucléaire constitue également un secteur important de cette coopération économique. En renforçant leurs liens dans ce domaine, les deux pays cherchent à développer de nouvelles chaînes de valeur et à consolider leur autonomie énergétique et industrielle. Cette approche rejoint plus largement leur volonté commune de réduire leurs dépendances stratégiques dans un contexte international marqué par une forte compétition technologique et économique.

La culture et les échanges humains, un autre fil conducteur

Si la visite de Lee Jae-myung est fortement marquée par les enjeux géopolitiques, technologiques et économiques, la culture occupe une place particulière dans la relation franco-coréenne.

Cinéma, séries, K-pop, gastronomie, mode ou encore tourisme ont contribué à rapprocher les sociétés française et coréenne ces dernières années. Lors de la visite d’Emmanuel Macron en avril, les deux pays avaient également annoncé leur volonté de développer les mobilités étudiantes et universitaires, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques, ainsi que l’apprentissage du français et du coréen. Un programme d’assistants de langue doit notamment contribuer à renforcer ces échanges.

Les deux gouvernements souhaitent également faciliter davantage les mobilités des jeunes, notamment grâce à l’évolution de leur accord concernant le programme Vacances-Travail.

Ces échanges humains constituent un aspect essentiel de la relation bilatérale : derrière les accords conclus entre gouvernements se trouvent des milliers d’étudiants, de voyageurs, d’artistes, de chercheurs et de professionnels qui participent directement au rapprochement entre les deux pays.

140 ans après, une nouvelle page pour la France et la Corée

La visite de Lee Jae-myung intervient donc à un moment charnière.

En quelques mois, Emmanuel Macron s’est rendu à Séoul, les deux pays ont élevé leur relation au niveau de partenariat stratégique global, puis le président sud-coréen est à son tour accueilli en France pour une visite d’État.

La culture en est l’un des piliers, comme l’a démontré le Sommet Lumière de Saint-Paul-de-Vence. Les technologies, la défense, les échanges économiques, la recherche et les mobilités humaines devraient désormais compléter cette coopération.

De Saint-Paul-de-Vence à Paris, la visite de Lee Jae-myung illustre ainsi une relation franco-coréenne qui ne repose plus seulement sur une proximité culturelle grandissante. Elle s’appuie désormais sur une volonté commune de développer des partenariats dans des secteurs stratégiques et de renforcer les échanges entre les deux sociétés.